Glissé dans une conversation entre amis, en titre d’un article technique ou encore lancé avec enthousiasme par un de vos collègues, le concept de Blockchain se répand à vitesse grand V. Mais qu’est-ce donc encore que cet anglicisme dont on parle tant ? En trois mots, la blockchain représente une alternative aux systèmes actuels d’échange d’informations : en gros, c’est une base de données.

Si l’on veut expliquer l’apparition de la blockchain, son utilité et l’engouement qu’elle provoque, il faut se dire qu’elle répond à une nécessité de changement. En effet, les mécanismes actuels en matière d’échange d’informations, ou plus spécifiquement de devises, présentent des limites toujours plus nombreuses à l’ère du digital. La multiplication des intermédiaires, les coûts que cela implique, le caractère opaque des échanges ou encore les failles de sécurités sont autant de raisons qui ont poussé au développement de la blockchain.

Premièrement appliquée aux cryptomonnaies comme le bitcoin ou l’ether, la blockchain a pour but de sécuriser et rendre autonomes les transactions financières en s’affranchissant des intermédiaires que sont les organismes financiers. Mais aujourd’hui les possibilités se multiplient et le système des blocks pourrait bien devenir incontournable pour de nombreux secteurs.

Tour d’horizon d’une technologie d’avenir.

LA BLOCKCHAIN QU’EST CE QUE C’EST ? ORIGINES ET FONCTIONNEMENT

 

Imaginée et développée par le mystérieux Satoshi Nakamoto (qui donna d’ailleurs son prénom aux Satoshis, les « centimes du bitcoin ») la blockchain à pour objectif premier d’autonomiser les transactions de bitcoins. L’autonomie se traduit ici par une absence de mécanisme central de régulation : il n’y a pas d’autorité centrale toute puissante qui régule les échanges, mais une multitude d’utilisateurs qui se partage la base de données qu’est la blockchain.

Concrètement, ça donne ça :

  • Le système classique que l’on connait, où tout est centralisé par l’autorité centrale : c’est le principe de fonctionnement majoritaire pour les transactions financières aujourd’hui.
  • Le système distribué : basé sur le peer to peer, tous les utilisateurs se partagent le système et peuvent, théoriquement, réguler les transactions.

Bon d’accord, on sait comment c’est construit, mais comment ça fonctionne ?

Et bien en réalité c’est assez simple : Admettons que vous souhaitiez acheter un des premiers CD de Gilbert Montagné à « Colette » , grande fan depuis des décennies. En passant par le système classique, vous auriez utilisé Paypal ou un moyen de paiement en ligne par carte bleu : votre transaction passera obligatoirement par un organisme de régulation central, que ce soit Paypal, votre banque ou celle de Colette. Votre transaction sera donc passée par au moins deux intermédiaires qui peuvent par ailleurs, prendre une commission au passage.

Voilà ce qui se passe en passant par le système distribué de la blockchain :

Votre transaction est cryptée et horodatée à son départ de votre portefeuille virtuel, c’est à dire qu’elle est identifiée de manière très précise et protégée de sorte qu’elle ne puisse être ouverte que par le destinataire voulu. Votre transaction est ensuite ajoutée au dernier bloc de la chaine, avec d’autres transactions.

Les 50 euros que vous avez si précieusement payé pour votre disque de Gilbert Montagné vont donc pouvoir circuler en toute sécurité sur le réseau. Et ils vont faire du chemin ! En effet, le principe même du système distribué est que les utilisateurs qui se partagent la blockchain, servent de relais sur le réseau. C’est à dire que vos 50 euros vont d’abord passer chez Marcel, Ahmed, Lily et Alessandro avant d’arriver chez Colette, mais sans qu’aucun n’y ait accès.

Mais comment s’assurer que le paiement est bien arrivé ? Et bien figurez vous, qu’Ahmed et Alessandro sont des utilisateurs un peu spéciaux, on les appelle des mineurs. Les mineurs, ce sont des utilisateurs qui possèdent suffisamment de puissance informatique pour vérifier les transactions. Ils vont donc confirmer que vous n’essayez pas d’arnaquer Colette, que vous possédez bien les 50 euros et que la transaction est bien arrivée jusqu’à elle.

Les mineurs sont rémunérés pour le travail, ou plutôt la puissance de calcul et donc le matériel qu’ils fournissent. Mais cette commission est fixe quel que soit le montant, à l’inverse des commissions d’intermédiaires classiques qui prennent généralement un pourcentage du montant de la transaction.

Voilà une petite infographie pour illustrer tout ça, malheureusement sans Gilbert Montagné ..

PUBLIQUE OU PRIVÉE

Nous vous l’avons expliqué plus haut, la blockchain est une technologie. Comme toute technologie, elle peut se décliner en plusieurs versions ayant chacune des applications spécifiques. Admettons par exemple que vous souhaitiez échanger des informations ou des devises entres des utilisateurs bien définis et que vous connaissez. Il est alors possible de mettre en place une blockchain privée entre les employés d’une même entreprise par exemple. Dans ce cas là, les utilisateurs ne sont plus anonymes, les transactions peuvent être rendues opaques et seuls les utilisateurs de la blockchain privée peuvent valider les transactions.

SMART CONTRACTS

Les contrats intelligents se sont développés grâce à la blockchain, et permettent l’exécution automatique de clauses spécifiques à des contrats. L’exemple du transport aérien est l’un des plus simples à expliquer : en cas de retard de votre vol, vous pouvez bénéficier d’un remboursement partiel ou total de votre billet. Mais la plupart du temps, les démarches sont tellement fastidieuses que les passagers ne font pas valoir leurs droits, et quand il le font, le processus administratif coute énormément à la compagnie.

C’est là que les smarts contracts et la Blockchain interviennent. La conclusion d’un contrat intelligent intégré à la blockchain permettrait ainsi de vérifier simplement les heures d’arrivées des vols pour déclencher ou non l’exécution du contrat de remboursement. Fini les démarches administratives et les frais de dossiers, le contrat s’exécute automatiquement selon les données reçues.

LES CAS D’USAGE

La protection de données par les gouvernements

La blockchain, du fait de son caractère ultra sécurisé, peut être miss en place pour protéger des données sensibles, notamment celles conservées par les États sur leurs citoyens. C’est par exemple le cas de l’Estonie, l’un des pays européen les plus avancés en matière de numérisation. Ils ont mis en place leur propre blockchain axée sur la sécurité des données privées et la protection des réseaux.

Les cas des assurances

Le développement des voitures autonomes pose la question des assurances qui couvriront leur possesseurs. Afin de calculer le taux de ces assurances, une filiale de Toyota souhaite mettre en place un système distribué entre les utilisateurs qui permettrait de récupérer les données de conduite. La quantité colossale d’informations que pourrait fournir un tel système permettrait notamment d’améliorer en continu les systèmes de conduite autonome.

La supply chain

La traçabilité des produits est aujourd’hui devenue très complexe du fait de la multiplication des échanges et des intermédiaires. Sans parler de certains produits hauts de gamme qui sont souvent victimes de contrefaçon. La blockchain, grâce à son caractère transparent, permettrait d’associer à chaque produit une empreinte numérique unique à partir des données du produit. Celle-ci garantirait son origine sur toute la durée de son transport.

La santé

Outre la traçabilité des médicaments qui sont souvent contrefaits, le secteur de la santé pourrait également être révolutionné par la blockchain. Notamment pour la Sécurité Sociale, où des smarts contracts pourraient être mis en place afin d’automatiser les remboursements selon les cas particuliers des patients. La mise en place d’un tel système permettrait également de mettre fin aux fraudes.

Ne pouvant pas être exhaustifs sur les nombreux cas d’usages possibles, on a trouvé pour vous le top 10 des secteurs que la blockchain pourrait transformer :

Bien évidemment, la mise en place de la blockchain, sur des systèmes de l’ampleur de la sécurité sociale serait un processus très long et complexe. Cela demanderait l’adaptation de tous les systèmes qui y sont reliés sans oublier la formation des agents administratifs.

LES AVANTAGES ET LES INCONVÉNIENTS

Les avantages

  • Sécurité : Totalement crypté du début à la fin, le transfert de données et de devises est nettement plus sécurisé que les systèmes actuels.
  • Rapidité :(ou pas) : Une transaction prend environ 8 min à être confirmée par les mineurs pour être validée. Ce délais peut paraître très long comparé à certaines transactions mais selon les cas, c’est beaucoup plus rapide que les systèmes classiques, notamment concernant les démarches administratives.
  • Automatisation : l’automatisation des contrats intelligents simplifierait de manière radicale la majeur partie des contrats numériques mis en place
  • Transparence : la blockchain permet de bénéficier d’une transparence complète sur les transactions. Un bon point, particulièrement sur les échanges de devises ou la traçabilité des biens.
  • Désintermédiation : qui dit réduction des intermédiaires dit réduction des délais et des frais et commissions pour chaque transaction.

Les inconvénients

  • Energivore : le minage, l’activité de vérification des transactions sur la blockchain, nécessite une puissance de calcul colossale, donc une consommation d’énergie non négligeable à l’heure du développement durable.
  • Pas de cadre juridique : c’est le principe même de la blockchain : pas d’organe central de régulation = pas de règles. De plus le caractère global et distribué du système impose un cadre législatif mondial très compliqué à mettre en place.
  • Trop peu de personnes formées : qui dit nouvelle technologie dit formation à cette technologie pour l’appliquer au système actuel. Et là, quid de la formation ? La blockchain nécessite non seulement des personnes dédiées au système en lui même mais également la formation des utilisateurs des différents secteurs.
  • Incompatibilité avec les systèmes informatiques existants : il serait alors nécessaire de repenser les systèmes actuels pour les adapter à la blockchain. Un processus qui peut vite devenir très problématique, notamment pour les États.

 

Voilà en quelques mots les tenants et les aboutissants de la blockchain. Bien évidemment, les applications possibles de cette technologie sont bien plus nombreuses et son architecture permet justement de s’adapter à des besoins très spécifiques. La blockchain a donc de beaux jours devant elle et pourrait devenir dans les années à venir un élément non négligeable de nos systèmes d’échange.

Si vous avez des questions ou encore d’autres exemples d’application de systèmes distribués, n’hésitez pas à nous les partager en commentaires, nous nous ferons un plaisir de vous répondre ou de vous diriger vers les ressources adéquates.

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